Pourquoi et de quoi devons-nous préserver l’eau souterraine ?
Dans une très grande partie de notre territoire, les nappes phréatiques « affleurent » et semblent inépuisables. Alors pourquoi prendre des précautions ? Exploitées depuis des siècles, les eaux souterraines sont devenues vulnérables aux pollutions engendrées par les activités humaines, sensibles aux prélèvements excessifs et impactées par le changement climatique. Plus que jamais, les nappes de la Vistrenque et des Costières sont à considérer comme ressource stratégique, en particulier pour l’alimentation en eau potable des communes de notre territoire.
L’établissement public territorial de bassin (EPTB) Vistre Vistrenque assure la surveillance de ces eaux souterraines, pilote les plans d’actions pour leur sauvegarde et accompagne tous les acteurs – agriculteurs, entreprises, communes – qui en font usage et peuvent agir pour leur préservation.
N’oublions pas que nous pouvons tous agir !
Eaux souterraines : invisibles mais vitales, préservons-les!
Cette vidéo conçue par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, présente en 4 minutes le rôle capital des eaux souterraines, tant pour garantir notre accès à l’eau potable que pour maintenir la biodiversité essentielle pour affronter le changement climatique.
L’objectif de bon état des eaux est inscrit dans la loi
En 2006, la loi sur l’eau et les milieux aquatiques a transposé dans le droit français l’objectif de bon état des eaux institué par la directive-cadre européenne sur l’eau.
Concernant l’eau souterraine, le bon état repose sur :
- l’équilibre entre les prélèvements et le renouvellement de l’eau souterraine,
- la qualité chimique répondant aux normes attendues pour fournir de l’eau potable.
Tout l’enjeu consiste donc à pérenniser la capacité des nappes à produire de l’eau potable sans recourir à des traitements curatifs coûteux, non compatibles avec les objectifs de qualité.
La pollution aux nitrates et aux pesticides : principale atteinte aux eaux souterraines de la Vistrenque et des Costières
Naturellement filtrée par les cailloux, les graviers et les sables qui forment ce que l’on appelle la nappe phréatique, l’eau souterraine est a priori de bonne qualité. Mais les pollutions liées aux activités humaines viennent localement altérer cette qualité.
Les nitrates et les pesticides sont les premiers polluants de l’eau des nappes de la Vistrenque et des Costières.
- Les nitrates proviennent des engrais utilisés, majoritairement, par l’agriculture mais aussi des eaux usées domestiques.
- Les pesticides ont pour origine les produits chimiques utilisés pour éradiquer les « mauvaises herbes » et les nuisibles (insectes, champignons …). Depuis le 1er janvier 2019, les particuliers ne peuvent plus acheter, stocker ou utiliser d’herbicides, fongicides, insecticides et autres acaricides de synthèse pour traiter ou désherber leur jardin mais il demeure un accès réglementé à ces produits pour le secteur agricole et les collectivités.
Ces pollutions compromettent localement l’usage des nappes pour l’alimentation en eau potable. En dernier recours, des stations de traitement de l’eau peuvent être installées mais ces solutions restent très couteuses.
Préoccupante, la situation n’est pas irréversible. Nos collectivités ont engagé des démarches collectives de restauration de la qualité de l’eau souterraine avec leurs partenaires [pour aller plus loin]

Verger désherbé
L’urbanisation : une menace pour l’accès et l’intégrité des nappes
Face au développement de l’urbanisation, à la multiplication des implantations d’activités économiques et des infrastructures de transport, il devient de plus en plus difficile de préserver l’espace nécessaire pour garantir la qualité de l’eau extraite des captages publics. Autrefois situés en périphérie de la commune, les captages aujourd’hui rattrapés par l’urbanisation sont improtégeables contre les pollutions quotidiennes comme accidentelles.
Lorsque la pérennité d’un captage est remise en question, la collectivité doit rechercher un nouveau lieu d’accès où l’eau souterraine sera abondante et de bonne qualité, où sa protection sera possible. Pour préserver l’avenir et maintenir l’accessibilité à la ressource sur notre territoire, le schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) Vistre, Nappes Vistrenque et Costières définit les zones de sauvegardes et les mesures de préservations des captages actuels et futurs.

Zone urbaine (Nîmes – Garons)
Le changement climatique : de l'eau en quantité suffisante aujourd'hui, mais demain ?
Même si elles ne présentent pas de déséquilibre quantitatif, les nappes de la Vistrenque et des Costières sont sensibles aux variations saisonnières. Par exemple, les années 2020 à 2021 ont connu des périodes hivernales peu favorables à leur recharge du fait de la faiblesse des précipitations, ce qui a entraîné des baisses notables de niveaux. Jusqu’à présent, ces variations n’ont pas engendré de tension majeure sur la capacité de prélèvements.
Cependant, l’exploitation de nos nappes est promise à une intensification dans les prochaines années.
- En raison de l’accroissement régulier de la population dans nos communes, les projections prévoient une augmentation de 40 % des prélèvements d’ici 2040 (année référence 2016).
- La température moyenne dans le Gard a augmenté de 1,7°C entre 1959 et 2018, engendrant une inévitable accentuation de l’usage de l’eau.
L’étude Eau et climat 3.0 – menée par le département du Gard – promet une hausse des températures de 1,5°C en 2050 (+ 4°C en 2100), entraînant une hausse du besoin en eau des plantes (+ 20 % en 60 ans), phénomène déjà perceptible dans la recharge des nappes.

Les tendances d’évolution du climat dessinent un territoire sur lequel il fera plus chaud, où les sécheresses estivales seront plus longues, où les ressources en eau seront moins abondantes et où les évènements pluvieux extrêmes pourraient devenir plus fréquents
Synthèse du diagnostic Eau & Climat La Ceinture rhodanienne et la Camargue
Cette vidéo, conçue par le département du Gard dans le cadre de sa démarche Eau & Climat, résume en 3 minutes des principaux enseignements de l’étude prospective sur l’évolution du climat.
Les nappes de la Vistrenque et des Costières participent à l’alimentation de près de 1/3 de la population du bassin versant du Vistre, notre périmètre d’intervention.
L’origine de l’eau potable dans le sud du Gard
Mais trop peu de Sud-Gardois savent cela et pensent que leur eau potable vient exclusivement du Rhône.
Alors, hors des généreuses nappes de la Vistrenque et des Costières, voici les autres origines de l’eau qui coulent à nos robinets.
- L’aquifère des Garrigues nîmoises
Au grè des fissures et des réseaux karstiques, les calcaires des Garrigues nîmoises constituent également une ressource en eau souterraine exploitable, bien que profonde et peu accessible. Seules quelques communes (Cabrières et Aubais) trouvent leur eau potable dans ces formations. Cet aquifère est également exploité pour la production d’eau minérale.
Cet aquifère contribue à hauteur de 20 à 30 % environ à la recharge de la nappe de la Vistrenque.
- Le Rhône, via le réseau hydraulique régional
Le réseau hydraulique régional d’Occitanie, concédé à BRL, dérive l’eau du Rhône à Fourques, pour alimenter un réseau de canaux (Canal Philippe Lamour, Canal des Costières) qui traversent notre territoire. Ce réseau est largement utilisé pour l’irrigation agricole des cultures et, ponctuellement, pour la production d’eau potable après un traitement de potabilisation.
- Le Rhône, via la station de Comps
Nîmes Métropole dispose par ailleurs des captages dans la nappe alluviale du Rhône, situés sur la commune de Comps. La station de Comps alimente la ville de Nîmes et une partie des communes de l’agglomération, de manière pérenne ou en secours.
Les apports du Rhône représentent environ 68 % des volumes d’eau consommée sur l’ensemble du territoire de l’EPTB Vistre Vistrenque.