L’entretien de la végétation en bord de rivière

Les fonctions essentielles de la végétation en bord de rivière

250 kilomètres de berges entretenues chaque année, 50 000 arbres et arbustes plantés en vingt ans… Si l’établissement public territorial de bassin (EPTB) Vistre Vistrenque prend autant soin de la ripisylve, comprenez la végétation située le long de nos rivières, c’est qu’elle joue un rôle essentiel pour nous permettre de retrouver de l’eau, des arbres et de la fraîcheur demain et pour nous protéger de la violence des inondations.

Les bienfaits de la ripisylve

La végétation en bord de rivière – qu’il s’agisse de forêts, d’arbustes ou de prairies enherbées – assure la transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. Son effet lisière crée un corridor biologique riche et diversifié.

La ripisylve assure de multiples fonctions essentielles au bon fonctionnement de nos rivières :

  • Elle stabilise les berges, les protègent de l’érosion grâce à l’ensemble racinaire de ses arbres et arbustes.
  • Elle régule les crues avec ses arbustes souples et ses plantes aquatiques qui freinent l’écoulement des eaux.
  • Elle contribue à la recharge les nappes alluviales et enrichit les sols grâce à ses racines qui aèrent le sol et facilitent l’infiltration des eaux.
  • Elle améliore la qualité des eaux grâce à la densité de végétaux capables de piéger les sédiments et de retenir les pollutions (nitrates, effluents urbains).
  • Elle développe la vie piscicole car son ombrage régule la température de la rivière.
  • Elle préserve la biodiversité en accueillant de nombreuses espèces de poissons, d’oiseaux et de mammifères grâce aux abris qu’elle génère et aux insectes qui s’y nourrissent.
Le schéma des fonctions de la ripisylve

Schéma des fonctions de la ripisylve

Prendre en compte et contribuer à la lutte contre les effets du changement climatique

Avec le changement climatique, les phénomènes extrêmes s’accentuent et nuisent au bon fonctionnement de nos rivières. Aux sècheresses et fortes chaleurs succèdent des précipitations intenses et d’une manière générale, nos rivières souffrent d’une diminution de la présence de l’eau, y compris en périodes automnale et hivernale. L’entretien de la ripisylve apporte sa contribution à la préservation de la ressource en eau. Chaque geste compte pour restaurer des zones de fraîcheur sur notre territoire.

Les types de cours d’eau et leur végétation sur le territoire de l’EPTB

Le Vistre et ses affluents (le Rhôny, le Buffalon, le Vistre Fontaine et la Cubelle pour les principaux) dessinent les limites du bassin versant qui constitue la majeure partie du territoire d’intervention de l’EPTB Vistre Vistrenque.

On y distingue trois zones géographiques distinctes présentant des caractéristiques de cours d’eau et de ripisylve différentes.

Les cours d’eau des plaines du Vistre et du Rhôny

Le Vistre et le Rhôny sont toujours marqués par les stigmates des nombreuses campagnes de curage, recalibrage et canalisation qu’ont subis, au fil des siècles, ces deux cours d’eau. La conséquence de tous ces réaménagements se traduit par la disparition et/ou la dégradation des berges et de sa ripisylve sur de longs linéaires de rivière. Ils sont en eau sur les deux tiers aval de leur linéaire et subissent des assecs réguliers sur leurs parties amont. La largeur du lit du Vistre varie 3 à 5 m sur l’amont à plus de de 20 m sur l’aval. La largeur du lit du Rhôny se maintient ente 4 à 7 m sur l’ensemble de son linéaire.

Actuellement la ripisylve présente le long du Vistre et du Rhôny est formée d’une strate arborée composée de frênes, d’ormes champêtres, de chênes, de peupliers, de saules, de figuiers, accompagnée d’une strate arbustive constituée de fusains d’Europe, de cornouillers, d’aubépines et de pruneliers principalement. Néanmoins le potentiel de reconquête d’une ripisylve stable et équilibrée sur ces rivières est une réalité. Les sites revitalisés, réalisés par l’EPTB Vistre Vistrenque, depuis 20 ans en sont la preuve. Sur ces tronçons renaturés une large bande de végétation diverse s’installe. La ripisylve naissante du Vistre et du Rhôny se compose de chênes pubescents, de chênes verts, de frênes, d’ormes, de peupliers, de saules, de figuiers de platanes, d’érables, de micocouliers, d’arbres de Judée, de lauriers sauce, de lauriers tin, de cornouillers, de fusains d’Europe, d’aubépines, de prunelliers, de cerisiers Sainte Lucie, de troènes, de cognassiers…

Selon la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages (Loi n° 2016-1087), un cours d’eau est défini par trois critères :
1. Présence et permanence d’un lit – même si celui-ci a été canalisé ou couvert et s’il est à sec une partie de l’année.
2. Alimentation par une source naturelle – de façon régulière ou intermittente.
3. Écoulement suffisant pour le maintien de la vie aquatique – avec un débit suffisant pour permettre la circulation de l’eau.

Les cours d’eau du plateau des Costières

Les cours d’eau de Costières s’écoulent au Sud-Ouest du bassin versant entre les hautes terres du Vistre et la basse vallée. Ils incluent les cours d’eau passant par Gallician, Franquevaux et Saint-Gilles, côté Rhône. Ainsi ils descendent des collines des Costières vers le Vistre ou vers le canal du Rhône à Sète, en traversant les villages qui peuvent être durement impactés lors de fortes précipitations.

Les berges des cours d’eau de Costières préservés sont colonisées par une ripisylve étagée et diverse composée d’essences nobles telles que les chênes pubescents, les chênes verts, les érables, les micocouliers, les tilleuls. Un sous étage dense de laurier sauce, de laurier tin, de figuier, d’aubépine, de cornouiller… complète ce cortège équilibré de végétation. Le Mirman à Caissargues et le Campagne à Nîmes concentrent les chênes pubescents et les chênes verts les plus remarquables du bassin versant.

Si tous les cours d’eau des Costières ne correspondent pas à cette description, notamment le Gour à Beauvoisin et le Rieu à Aubord et Générac qui sont envahis par les cannes de Provence sur de nombreux tronçons de leurs linéaires, ils traduisent le potentiel de ces rivières.

Le Mirman à Caissargues

Le Mirman à Caissargues

Les cours d’eau des côteaux des Garrigues

Les cours d’eau de Garrigues se situent principalement sur les tronçons amont des rivières de la Vaunage. Ils se caractérisent par des assecs prolongés, bordés d’une ripisylve basse très broussailleuse poussant sur des sols calcaires. La végétation rivulaire de ces petits cours d’eau se compose principalement de chênes verts, chênes Kermès, genévriers, micocouliers, lauriers tin, lauriers sauce, aubépines, pins…

Lors d’épisodes pluvieux intenses, ces cours d’eau dévalent les collines de la Vaunage et peuvent créer des inondations dans les villages qu’ils traversent avant de venir grossir le Rhôny.

l'Escatte à Calivisson - Automne 2018

L’Escattes à Calvisson

En quoi consiste l’entretien des berges d’une rivière ?

Deux grandes techniques d’entretien des berges des cours d’eau sont réalisées par l’EPTB Vistre Vistrenque : l’entretien manuel et l’entretien mécanisé (également appelé le faucardage).

L’entretien manuel des berges

L’entretien manuel se fait sur les cours d’eau disposant d’une ripisylve établie et continue. Il s’exécute avec du petit matériel thermique ou électrique et recouvre les tâches suivantes :

  • Gestion de la végétation par des travaux forestiers : élagage, recépage, débroussaillage, abattage, façonnage en bois de feu, broyage ou brûlage des rémanents,
  • Dégagement d’embâcles à l’aide d’engins mécaniques (tractopelle, pelle mécanique),
  • Réfection de petits linéaires de berge par génie végétal,
  • Enlèvement des déchets.

L’entretien mécanisé (ou faucardage)

L’entretien mécanisé nécessite l’utilisation d’un tracteur muni d’un broyeur et d’une épareuse afin de réaliser des travaux de broyage de la végétation sur les berges. Ces travaux sont communément appelés faucardage. On distingue le faucardage sélectif qui préserve la ripisylve en conservant la végétation arbustive et arborée implantée sur les berges, du faucardage en plein qui ne laisse aucune végétation sur les rives.

La plantation d’arbres et d’arbustes

Lorsque la ripisylve est absente ou insuffisante, l’EPTB Vistre Vistrenque plante des arbres et des arbustes le long des berges des rivières. Afin de garantir un bon taux de reprise, le choix se porte sur des essences locales plantées en automne-hiver. Un suivi les trois premières années est nécessaire au bon développement des plantations (binage, paillage, arrosage, détourage).

L’entretien des rivières par les propriétaires riverains, une exigence règlementaire

Les propriétaires riverains sont tenus par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (loi n°2006-1772 du 30 décembre 2006) à un entretien régulier du cours d’eau dans la limite de leur propriété, c’est-à-dire jusqu’à la moitié du lit, suivant une ligne tracée au milieu du cours.

Cet entretien consiste principalement à :
enlever les embâcles, débris et atterrissements, flottants ou non,
– et à élaguer ou recéper la végétation des rives.

Ces travaux visent à :
– maintenir le cours d’eau dans son profil d’équilibre,
– permettre l’écoulement naturel des eaux,
– et contribuer à son bon état écologique, le cas échéant à son bon potentiel écologique.

En cas de carence et/ou en complément de l’entretien régulier effectué par les propriétaires riverains, des interventions peuvent être prévues par l’établissement public territorial de bassin (EPTB) Vistre Vistrenque dans le cadre du plan pluriannuel de gestion des cours d’eau. Bénéficiant d’une déclaration d’intérêt général (DIG) et encadré par des arrêtés préfectoraux, le plan de gestion autorise l’EPTB à intervenir en toute légitimité sur les cours d’eau en propriété privé.

Ce dispositif n’enlève pas l’obligation des riverains d’entretenir le cours d’eau au droit de leur propriété et donc de responsabilité en cas de sinistre.
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