Comprendre le risque inondation

Un territoire historiquement exposé aux inondations

Dans notre bassin versant, nul n’ignore les risques liés aux inondations, régulièrement dévastatrices pour les personnes, les biens, les activités économiques et l’environnement. Retrouvez ici les principaux éléments de compréhension de ces phénomènes météorologiques que le changement climatique participe à accentuer, tant dans leur fréquence que dans leur intensité. Autant d’arguments pour vous encourager à vous organiser pour, chacun à son niveau de responsabilité, pouvoir vous mettre à l’abri.

Un territoire très exposé en cas de crue majeure

Comment mesurer la vulnérabilité de notre territoire aux inondations ? C’est très simple : un tiers du territoire et un tiers de la population sont en zone inondable. Cela représente plus de 90 000 personnes. Dans ce bassin du Vistre, un logement sur deux et une entreprise sur deux sont susceptibles d’être affectés en cas de crue majeure.

Les dernières crues majeures intervenues dans le bassin du Vistre

Le bassin versant du Vistre a, depuis toujours, été le théâtre de crues et d’inondations. Mais, témoignant des impacts grandissants du dérèglement climatique, plusieurs crues d’ampleur exceptionnelle ont marqué ces dernières décennies, à commencer par les inondations de Nîmes en 1988. Puis 2002, 2005, 2014 et 2021 !

3 octobre 1988 – Vistre, Cadereaux de Nîmes

La ville de Nîmes reçoit ce jour-là plus de 420 mm de pluie en moins de huit heures (la moitié de la quantité de la pluie tombant en un an à Paris), avec des conséquences sur plus de 40 communes à l’aval dans le bassin du Vistre.

La crue de 1988 en chiffres :

Plus de 420 mm de pluie en 8 heures

9 personnes décédées

610 M€ de dégâts
(valeur 1988)

42 (sur 48) communes du territoire EPTB classées en catastrophe naturelle

Pour en savoir plus : « Inondations d’hier, territoires d’aujourd’hui sur l’arc méditerranéen – Nîmes 1988 » Document de la Mission Interrégionale “Inondation Arc Méditerranéen” (MIIAM) 

8 et 9 septembre 2002 – Vistre (mais aussi le Vidourle, les Gardons…)

C’est l’ensemble des départements du Gard, du Vaucluse et de l’Hérault qui sont concernés par cet épisode méditerranéen remarquable tant par son intensité que par son ampleur géographique. C’est aussi la première vigilance rouge de France alors déclenchée par Météo France.

La crue de 2002 en chiffres :

Jusqu’à 600 mm d’eau sur 150 km2

22 personnes décédées au total durant l’épisode
(pas de victime sur notre territoire)

830 M€ de dégâts
(valeur 2002)

40 (sur 48) communes du territoire EPTB classées en catastrophe naturelle

6 au 9 septembre 2005 – Vistre, Rhôny, Cadereaux de Nîmes

Deux épisodes méditerranéens se succèdent en moins de 48 heures : aux débordements du Vistre et de ses affluents s’ajoute le phénomène de ruissellement, à l’origine de nombreux dégâts. C’est à la suite de cet événement que sera élaboré le premier programme d’actions de prévention des inondations du Vistre (PAPI Vistre).

La crue de 2005 en chiffres :

325 mm, le maximum mesuré le 6/9 et 256 mm, le maximum mesuré le 8/9

Pas de victime

27 M€ de dégâts
(valeur 2005)

40 (sur48) communes du territoire EPTB classées en catastrophe naturelle

En cause, les épisodes méditerranéens

Les épisodes méditerranéens se caractérisent par des pluies très intenses sur une courte période (entre 1 heure et 24 heures) touchant nos régions méditerranéennes, surtout en automne. En quelques heures, il peut tomber plus de 200 mm de pluie, soit l’équivalent de plusieurs mois de précipitations, provoquant des inondations, des glissements de terrain, des coulées de boues et des laves torrentielles.

Quelles différences avec un épisode cévenol ?

Le terme « cévenol » est souvent utilisé à tort pour décrire les épisodes de fortes pluies dans le sud de la France. Si le massif des Cévennes est particulièrement sujet à ces événements, c’est bien l’ensemble de l’arc méditerranéen qui est concerné par les épisodes méditerranéens, dont le bassin du Vistre.

Comment se forme un épisode méditerranéen ?

Ces épisodes sont dus à des remontées d’air chaud, humide et instable provenant de la Méditerranée. Ils favorisent la formation d’orages violents, parfois stationnaires. Ils se produisent principalement entre septembre et mi-décembre, lorsque la mer est encore chaude, ce qui intensifie l’évaporation. 

Vidéo © Météo France – septembre 2023

Des évènements de plus en plus intenses avec le changement climatique

Selon Météo France, l’analyse de ces événements pluvieux extrêmes sur les dernières décennies montre d’une part une intensification des fortes précipitations ainsi qu’une plus grande fréquence de ces épisodes les plus forts (plus de 200 mm de pluie en 24h). En accentuant les extrêmes météorologiques, avec une augmentation de l’intensité des précipitations, le changement climatique amplifie les phénomènes d’inondation et risque d’accroitre les dégâts observés en zones vulnérables.

Débordement et ruissellement, est-ce la même chose ?

Débordement, crue, inondation, ruissellement… Quelles différences ?

Lors de fortes pluies, le débit d’une rivière augmente, plus ou moins violemment. La crue est un phénomène naturel, indispensable à la vie d’un cours d’eau. Mais quand la rivière déborde et sort de son lit mineur, c’est-à-dire de son tracé normal, c’est l’inondation. S’il n’y a pas d’habitations ou d’activités économiques dans la zone inondée, il n’y a pas de problème. Dans le cas contraire, les populations et les activités humaines sont vulnérables et exposées au risque.
En milieu rural ou urbain, des secteurs pourtant éloignés de la rivière peuvent être inondés : dans ce cas, c’est le ruissellement de surface des eaux de pluie et le refoulement des réseaux d’eau pluviale qui sont en cause.

Dans le cadre de la compétence de la gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI) que lui délèguent les intercommunalités sur son bassin versant, l’établissement public territorial de bassin (EPTB) Vistre Vistrenque, agit prioritairement sur les problématiques de débordement des cours d’eau. De la planification d’actions de prévention à l’entretien des cours d’eau, en passant par la mise en œuvre d’études et de travaux de protection où il opère par délégation de maîtrise d’ouvrage, l’EPTB Vistre Vistrenque vise en matière d’inondations par débordement à apporter une réponse cohérente à l’échelle du bassin versant Vistre-Rhôny.

Et en ce qui concerne le ruissellement, l’EPTB Vistre Vistrenque peut être sollicité par les collectivités afin d’identifier les problématiques et acteurs qui pourront agir sur ce phénomène.

Le département du Gard anime un site internet très complet sur le risque inondation : comprendre, se préparer et se protéger, découvrir les actions de préventions, les protections déployés par les collectivités, suivre les indicateurs de l’observatoire Noé…
Il s’agit d’une indispensable source d’informations à conserver dans ses favoris pour qui veut se prémunir des inondations.

Noe Gard : Prévention contre le risque inondation dans le Gard

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