Le chantier de longue haleine de protection de la ville de Nîmes
Le 3 octobre 1988, jusqu’à 420 mm de pluie s’abattent sur la ville de Nîmes en dix heures ; 14 millions de m3 d’eau traversent la ville à un débit de pointe de 480 m3/s dans le cadereau d’Alès, 220 m3/s dans le cadereau d’Uzès, deux ruisseaux à sec en temps normal. Aux dégâts matériels (de l’ordre d’un milliard d’euros actuels), s’ajoute un lourd bilan humain avec neuf décès.
Depuis cette date, Nîmes d’abord, puis la communauté d’agglomération Nîmes Métropole mènent des actions de prévention des inondations pour éviter que ne se reproduise une telle catastrophe.
Focus sur les aménagements – réalisés, en cours et projetés – spécifiques à la protection de l’agglomération.
La prévention des inondations dans l’agglomération de Nîmes

Historique et projection des aménagements de prévention des inondations réalisés sur les différents cadereaux et cours d’eau de l’agglomération.
- La planification de ces aménagements résulte de plans et programmes pluriannuels : d’abord le plan de protection contre les inondations (PPCI, 1990-2006), puis les programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI I Nîmes-Cadereaux 2007-2014, PAPI II Nîmes Cadereaux 2015-2021, PAPI 3 Vistre 2022-2028).
- Historiquement portés par la ville de Nîmes, ces programmes ont ensuite été déployés à compter de 2015 sous la responsabilité de Nîmes Métropole au titre du transfert des compétences de la gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI). Depuis 2022, l’établissement public territorial de bassin (EPTB) Vistre Vistrenque en assure le portage et l’animation, Nîmes Métropole conservant la maîtrise d’ouvrage des aménagements en cours de réalisation et la conduite des travaux inscrits sur son périmètre, en lien avec l’EPTB.
- La prévention des inondations à Nîmes s’inscrit depuis 1988 dans une démarche très volontaire de réalisation d’ouvrages de protection, rassemblant pour leur financement un grand nombre de partenaires (Europe FEDER, Etat, région Occitanie, département du Gard, agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse…) participant collectivement à hauteur de 60 % des investissements.
Les principaux aménagements de protection sur Nîmes et son agglomération
Les grands principes de la protection de Nîmes
L’objectif recherché avec la mise en œuvre des travaux d’aménagements des cadereaux est d’éviter les débordements dommageables pour un événement équivalent à celui de septembre 2005.
Les principaux aménagements visent l’augmentation du niveau de protection, avec des travaux hydrauliques conséquents sur les cadereaux de Nîmes :
- augmentation de la capacité des ouvrages en zone urbaine : 5 km de tunnels d’écoulement des eaux,
- création de 18 barrages écrêteurs à l’amont du centre urbain,
- création de 2 bassins de compensation à l’aval.
Il convient de mentionner que les investissements portent également sur l’amélioration de la prévision et l’anticipation des phénomènes de types méditerranéens (système d’alerte Espada) ainsi que sur l’organisation de la gestion de crise.

Le PAPI 3 Vistre, un ambitieux programme d’actions sur Nîmes

Le PAPI 3 Vistre s’inscrit dans la poursuite de la stratégie développée dans le cadre des précédents programmes. Il englobe un territoire plus important mais une part significative des enjeux reste concentrée sur la commune de Nîmes.
Le projet technique et financier le plus ambitieux du programme d’actions consiste à achever l’aménagement du cadereau d’Uzès. L’objectif est de finaliser l’aménagement de ce cadereau pour atteindre son objectif-cible de protection d’ici à 2027.
En 2023, les principales actions engagées sur l’agglomération Nîmes Métropole sont :
- L’aménagement aval du Vistre de la Fontaine (2,3 km de cours d’eau restauré) et la création du bassin de la Tour de l’Evêque (100 000 m3),
- La création du barrage de Méjean (52 000 m3) et les aménagements hydrauliques du chemin du Grand Bois (300 m de cadereau aménagé)
- L’aménagement du cadereau d’Uzès en zone urbaine dense : deux ouvrages hydrauliques enterrés comprenant des ouvrages d’engouffrement pour les cadereaux d’Uzès (1 180m de long) et des Limites (1 375m de long)
- Le creusement du barrage de Roquemaillère (plus 30 000 m3 – capacité après creusement : 100 000m3)