Le retour à des rivières vivantes

Depuis 2004, l’établissement public territorial de bassin (EPTB) Vistre Vistrenque engage des opérations ambitieuses de reconquête du bon état écologique de nos rivières. Quand d’autres territoires utilisent les mots restauration ou renaturation des fonctions hydrologiques des cours d’eau, la plaine du Vistre a choisi de parler de revitalisation : redonner vie et vitalité à la rivière pour qu’elle assure à nouveau toutes ses fonctions naturelles.

Redonner toute sa place à la rivière et à ses fonctions naturelles

Légende de la photo

Le fonctionnement naturel d’un cours d’eau est satisfaisant lorsque :
– il retrouve une eau de bonne qualité,
– il contribue à ralentir la vitesse d’écoulement des crues,
– il favorise le développement des milieux naturels.
Autant de conditions propices à la réappropriation des rivières du bassin du Vistre par ses habitants.

Les grands aménagements de la seconde moitié du XXe siècle ont transformé le Vistre et ses principaux affluents en canaux rectilignes qui ne leur permettent plus un fonctionnement naturel. La faible dynamique du Vistre et de ses affluents ne leur permet pas de régénérer par ses propres moyens un fonctionnement naturel.

La revitalisation consiste à transformer la rivière artificialisée, en une rivière vivante. Il s’agit de réaliser les aménagements nécessaires pour lui redonner les conditions propices à la vie et ce de façon durable.

La revitalisation du Vistre

En quelques minutes, la revitalisation du Vistre n’aura plus aucun secret pour vous. Découvrez l’histoire de la rivière et tous les aspects de sa revitalisation menée entre Caissargues et Nîmes en 2022.

Le documentaire sur le Vistre 

Pourquoi revitaliser nos rivières ?

En engageant des travaux de revitalisation, il s’agit de réparer les dégradations des fonctions des cours d’eau, dégradations engendrées par les aménagements successifs (voir La petite histoire illustrée du Vistre).

Légende de la photo

Limiter l’amplification des crues

La crue du Vistre, la Bastide à Nîmes en 2005 (DDE30)

Lors de fortes précipitations, l’imperméabilisation des sols (liée à l’urbanisation et aux pratiques agricoles intensives) et le drainage des fossés conduisent l’eau très rapidement vers la rivière générant en aval des pics de crues brutaux et violents.
Si les routes, les voies ferrées et les canaux cloisonnent la plaine, ralentissant les écoulements, ils aggravent localement les conséquences des inondations (submersion de voiries et de bas-quartiers).
Lors de ces évènements, la rivière retrouve sa dynamique et reprend ses anciens bras situés dans des points bas topographiques, causant alors des ruptures de digues. Le ressuyage est plus long car les merlons empêchent le retour des eaux vers le cours d’eau.

Lutter contre la dégradation de la qualité de l’eau de la rivière

Le Vistre eutrophisé

Le lessivage pluvial des voiries, les rejets d’eaux usées qui échappent aux traitements, les intrants agricoles… chargent les eaux de matières polluantes.
Or la rivière chenalisée, privée de son milieu écologique (notamment de sa ripisylve), ne fonctionne plus naturellement. En période de fortes chaleurs, les faibles niveaux associés à l’absence d’ombrage et à la pollution provoquent des phénomènes d’eutrophisation (prolifération des algues et manque d’oxygène), portant atteinte à la vie piscicole.

Restaurer les corridors de biodiversité dans le territoire

Les rivières chenalisées disposent de berges trop abruptes et profondes pour faciliter le lien entre vie terrestre et vie aquatique. La rivière est nue : la biodiversité a pratiquement disparu.
De surcroît, l’enrochement ou le fauchage mécanique des berges après canalisation n’autorise pas la ripisylve à s’installer à nouveau.

Le Buffalon à Redessan

Le Buffalon à Redessan

Consolidation des berges du Mirman à Caissargues

Consolidation des berges du Mirman à Caissargues

Redonner toute sa place à la rivière invisibilisée, dénigrée et oubliée

A la Belle Epoque, les familles gardoises se réunissaient le dimanche dans les prés bordant la rivière pour profiter de la fraîcheur et pique-niquer, se baigner, pêcher…
Depuis les grands aménagements, le Vistre est perçu comme pollué et dangereux. Berges trop profondes, crues violentes… : on ne s’en approche plus. Il n’est d’ailleurs plus accessible. Dépouillée de ses arbres, la rivière est devenue invisible. Elle a disparu de la mémoire collective.
En période de crue seulement, les habitants se rappellent la force de l’eau et se retrouvent sur les ponts pour appréhender le risque de débordement.

Baignade dans le Vistre à Vauvert

Les trois étapes d’une revitalisation de rivière

Permettre à la rivière de retrouver son fonctionnement naturel nécessite d’abandonner le chenal artificialisé au profit d’un nouveau lit, crée ex nihilo en s’inspirant des anciennes formes sinueuses de la rivière.

Il n’est pas aujourd’hui envisageable de redonner aux rivières leur forme initiale. L’aménagement du territoire ne permet pas de rétablir les chenaux des cours d’eau d’origine, ni leur faible profondeur avec des berges évasées. Et travailler directement dans le lit canalisé est difficile et donne peu de résultats. Aussi, la revitalisation s’appuie d’abord sur d’importants travaux de terrassements.

D’abord, créer un nouveau lit pour la rivière

C’est la phase la plus spectaculaire du chantier de revitalisation, perçue de prime abord contre nature.

Les travaux consistent à recréer :

  • une sinuosité proche des anciens méandres destinée à ralentir les eaux et créer des habitats naturels pour la faune aquatique,
  • un lit adapté au débit, au fond plus étroit afin de mieux oxygéner la rivière lors des basses eaux (lit d’étiage),

des berges larges aux pentes douces qui permettent aux crues de s’épancher, aux sédiments de se déposer et d’absorber les pollutions.

Création du nouveau lit du Vistre entre Caissargues et Nîmes ( Clap Nature)

Ensuite, rendre les sols vivants

C’est la phase la plus spectaculaire du chantier de revitalisation, perçue de prime abord contre nature.

Les travaux consistent à recréer :

  • une sinuosité proche des anciens méandres destinée à ralentir les eaux et créer des habitats naturels pour la faune aquatique,
  • un lit adapté au débit, au fond plus étroit afin de mieux oxygéner la rivière lors des basses eaux (lit d’étiage),

des berges larges aux pentes douces qui permettent aux crues de s’épancher, aux sédiments de se déposer et d’absorber les pollutions.

Retour de la vie dans les sols

Retour de la vie dans les sols

Puis laisser faire la nature

Propices à la végétalisation naturelle, les rives se couvrent en quelques années de peupliers blancs et de saules, tandis que les frênes colonisent le lit majeur, prélude d’une diversification qui s’opèrera plus tard.

L’EPTB Vistre Vistrenque aide la nature en créant des corridors de haies en limite de l’espace naturel et le long des chemins, favorisant la réinstallation d’arbustes disparus : aubépine, cornouiller, fusain, sureau, érable champêtre.

Dès les premiers terrassements, la faune reconquiert les berges de la rivière pour s’abreuver et l’on peut observer les empreintes se multiplier et se diversifier.

les papillons blancs investissent les berges

Le papillon blanc revient sur les berges.

Le frelon colonise le lit majeur

Le frelon colonise le lit majeur

Empreinte de Castor à Bouillargues

Empreinte de Castor à Bouillargues

Atteindre le bon état écologique des rivières, une exigence règlementaire


La directive cadre sur l’eau (Directive 2000/60/CE – Cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau) établit les règles pour mettre fin à la détérioration des masses d’eau de l’Union européenne et parvenir au « bon état » des rivières, lacs et eaux souterraines en Europe.

Il s’agit :

de protéger toutes les formes d’eau (de surface, souterraines…),

de restaurer les écosystèmes à l’intérieur et autour de ces masses d’eau,

de réduire la pollution dans les masses d’eau,

de garantir une utilisation durable de l’eau par les particuliers et les entreprises.

En France, les schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE) déclinent ces objectifs au sein de chaque grand bassin. Sur le bassin Rhône Méditerranée, le SDAGE classe le Vistre en « masse d’eau fortement modifiée » en raison de son état très dégradé et demande la restauration de la forme de son lit (morphologie) et de la qualité de ses eaux.
A l’échelle du bassin versant du Vistre, l’EPTB Vistre Vistrenque porte le schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) qui décline de manière opérationnelle les objectifs du SDAGE. Ainsi, le SAGE Vistre, nappes Vistrenques et Costières prévoit la revitalisation des cours d’eau de la plaine du Vistre pour atteindre les objectifs assignés.

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